• Je n'ai pas encore abordé la question de la différence homme/femme chez les Aspies, et pourtant il y aurait matière à le faire.

    Le souci, c'est que je suis une femme (même si j'ai toujours eu du mal à m'inclure dans un genre précis...) et que j'ignore tout de la façon dont un homme vit son Asperger.

    Je sais que chez la femme, Asperger se diagnostique plus difficilement, notamment à l'âge adulte (je pense en être un bon exemple...) du fait d'une facilité toute féminine à jouer les caméléons.

    J'ai croisé ce petit visuel sur https://aspieconseil.com/blog/ et j'ai eu envie de le poster par ici, car il est très parlant !

     

    J'en profite pour rebondir sur les thématiques féminines :

    Je pense qu'effectivement mes difficultés sociales sont masquées, du moins si on me regarde de loin, sans prêter attention à mon fonctionnement quotidien. Disons que je fais illusion socialement. Je peux échanger, mener une conversation, et même si j'ai l'image de quelqu'un de froid et réservé, je reste capable de m'inclure dans un contexte social, quand bien même je n'en retire aucune satisfaction.

    Pour l'hypersensibilité, pareil... Je me reconnais bien dans la description, de même que dans les rituels mentaux. D'ailleurs, j'ai longtemps cru que tout le monde se parlait et se motivait via un dialogue intérieur. Je pensais que c'était le propre de tout être humain, et rigolez si vous voulez, j'ai découvert que ce n'était pas le cas très récemment, via un groupe Facebook américain dédié aux Aspies ! Je le fais en permanence, pour tout et pour rien, parfois même à voix haute. Et toute ma journée est ritualisée. Par exemple, si une pensée m'est négative et me met mal à l'aise, je dois la formuler trois fois à voix haute pour l'exorciser. Si si.

    Ne parlons pas de la comorbidité... Je suis en plein dedans pour l'anxiété...

    Ah, la maternité ! Pas désirée, c'est le moindre que l'on puisse en dire ! Le fait de lier clairement ce non-désir d'enfant (voire même ce rejet complet de la maternité, car pour moi c'en est clairement un !) et Asperger est très intéressant et, quelque part, assez réconfortant. Par contre, je ne me reconnais pas du tout comme étant "plus à risque de subir des abus sexuels" car je déteste tellement la promiscuité que je suis capable de filer une gifle à quelqu'un qui ne ferait que m'effleurer accidentellement l'épaule...donc je ne préfère pas penser à ce que je pourrais tenter de faire à quelqu'un qui chercherait un contact plus intime !

    Quant au risque de sous-diagnostic, je valide... Mon généraliste n'a jamais été convaincu par le pré-diagnostic et j'ai longtemps été taxée de phobique sociale, timide maladive, dépressive, j'en passe ! Je ne ressemble pas à une "autiste" telle qu'on se l'imagine, et malheureusement on parle d'autiste Asperger, pas d'Asperger tout court. On se fait même copieusement remettre à sa place, parfois, quand on veut se définir comme Asperger et que la personne en face connait des autistes profonds. Evidemment, la comparaison n'a pas grand-chose à voir, ce serait comme comparer un malvoyant et un aveugle, mais pour les gens (et même parfois pour les professionnels de la santé !) la subtilité est difficile à saisir...

     


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  • Un évènement récent m'a donné envie de gribouiller ce petit article, vite fait.

    Je veux y parler de mon incapacité à ne pas (trop) réfléchir et à ne pas me faire trop de films à l'avance.

    Prenons un exemple très récent : mon chien. Il a un souffle au cœur depuis des années, qui n'a jamais été exploré et n'a jamais posé de problèmes. C'est un toutou dynamique, qui gambade en promenade été comme hiver. Cependant, après des années à repousser la chose, j'ai décidé de le faire détartrer, et la vétérinaire, en l'auscultant dans cette optique lors de sa vaccination annuelle, a jugé nécessaire de faire une échographie cardiaque.

    La vétérinaire n'était pas du tout alarmiste, elle a juste mentionné 3 cas de figure possibles :

    1/ ils font l'échographie, il n'y a aucun problème, ils enchaînent sur l'anesthésie et le détartrage.

    2/ ils font l'échographie, il y a un léger souci, ils prescrivent un traitement (probablement à vie), on attend quelques mois, et on peut faire le détartrage.

    3/ ils font l'échographie, il y a un gros souci, on oublie l'idée d'un détartrage.

     

    Évidemment, je me suis arrêtée d'emblée sur les pires options, la 2  et la 3.

    Et donc je suis devenue une spécialiste des problèmes cardiaques chez le chien.

    Je peux vous parler maintenant de cardiopathie congénitale, de sténose aortique, des différents stades de l'insuffisance cardiaque, du phénomène de compensation... bref, les problèmes cardiaques canins sont devenus un de mes intérêts restreints en l'espace d'une semaine. Sachant qu'à la base je suis phobique de tout ce qui touche au fonctionnement du corps humain, c'est presque comique !

    On me dira que c'est ridicule, parce que l'examen n'a pas encore eu lieu et qu'il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète, mais j'en suis au point que je connais même les noms et les posologies des médicaments !

    Le pire étant que même en étant pleinement consciente de cette absurdité, je ne peux pas faire autrement. Mon vilain cerveau, tout là-haut, ne sait pas réagir autrement qu'en analysant à fond toutes les données d'un (éventuel) problème à venir !

    Ce n'est pas un problème de pessimisme, de fatalisme, de manque de confiance envers les spécialistes, mais c'est vraiment ancré dans mon fonctionnement. Et c'est, pour ma part, 200% Asperger. Confrontée à une situation inconnue, je dois me l'approprier pour l'apprivoiser et me préparer à réagir en conséquence.

    Le souci, évidemment, c'est que c'est usant psychologiquement ET physiquement : l'échographie est programmée pour demain, et je suis actuellement dans un état de décomposition proche du zombie. Paie ton obsession ! Pourtant je dors normalement, je mange normalement, ce n'est pas un stress au point de m'empêcher de dormir ou de m'alimenter, mais malgré tout mon cerveau reste connecté H24 sur cette problématique. Et à la longue, ça use !

    Ce n'est bien évidemment qu'un exemple récent parmi tout un tas d'expériences similaires.

    Et pour être honnête, dans ces cas-là je bénis ma tendance ermite et mon désintérêt total pour la vie amoureuse. Imaginez donc à quoi ressemblerait mon existence si je devais gérer mes inquiétudes pour un conjoint ou pire, des enfants !

    Des fois, franchement, j'aimerais bien pouvoir débrancher mon cerveau !!!

     

     

    EDIT : il apparait que j'avais raison quant à mon hypothèse première. Mon Saucisson a bien une MVD, à savoir Maladie Valvulaire Dégénérative.  Il a un traitement à prendre à vie (en raison de 2 cachets par jour)... La vétérinaire n'est pas pessimiste, c'est visiblement quelque chose de courant chez les petits chiens, plus encore chez les Chihuahuas. Les traitement ont pour but d'éviter le développement de la maladie. Chez certains chiens, ça peut très bien se stabiliser et ne jamais empirer. Chez d'autres, ça peut progresser rapidement. Mais je suis plutôt optimiste car je pense qu'il est porteur de cette MVD depuis quasiment le début, son souffle au cœur avait été détecté par un autre vétérinaire quand il avait à peine 3 ans et il est toujours resté asymptomatique, exception faite de quelques épisodes de toux en période de stress. Me voilà donc chargée de gérer l'administration du traitement, j'ai déjà investi dans un pilulier et j'ai mis des étiquettes partout pour me rappeler des dosages. Et évidemment, j'ai lu et relu les notices, que je connais maintenant par cœur... *soupir*


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  • J'ai croisé par hasard un tableau récapitulant les traits caractéristiques des femmes Asperger. J'avais déjà partagé une (longue) liste de ce type voilà 4 ans de ça (déjà !) mais j'ai quand même eu envie de rebondir sur ce document et d'en faire la lecture par rapport à ma propre expérience.

     Le document est tiré du livre de Rudy Simone (l'Asperger au Féminin) que je n'ai par ailleurs pas encore pris le temps de lire.

     Il est consultable par ici :

    Télécharger « traits-caracteristiques-des-femmes-Asperger.pdf »

     

    Apparence / Habitudes personnelles

    - Porte des vêtements pratiques et confortables. => par conformisme social, j'ai tendance à m'habiller assez "chic" en semaine, quand je travaille. C'est un peu comme un camouflage, ou un uniforme. Cela me permet de clairement dissocier ma personnalité "travail" et ma personnalité "temps libre" (oui, ça fait schizophrène, j'avoue !)... Par contre il y a clairement des matières que je ne supporte pas, et si un vêtement n'est pas confortable, il termine sa carrière au fin fond de mes placards. Je déteste les matières qui collent, qui sont trop froides, ou inversement trop chaudes, qui grattent (même si généralement je suis la seule à trouver que ça gratte...)... J'ai horreur des cols trop hauts qui me donnent l'impression d'être étranglée, et jamais, jamais, jamais, même par -12°C, vous ne me verrez porter une écharpe ou un foulard.


    - Ne passe pas beaucoup de temps à se maquiller et se coiffer. La coiffure doit être du type "wash and wear" (rapide à laver/coiffer). Peut apprécier de ne pas se maquiller du tout de temps à autre. => pas beaucoup de temps, c'est un bel euphémisme. En réalité, je ne passe pas de temps DU TOUT. Je ne me maquille plus depuis au moins cinq ans, et quand je le faisais c'était sans grand enthousiasme et toujours à la va-vite. Ces temps-ci je ne mets même plus de rouge à lèvre. J'ai une collection impressionnante de vernis à ongles, mais si j'en apprécie la couleur, j'en déteste la texture et l'odeur, résultat des courses, j'en mets une fois l'an. Je n'ai jamais mis de crèmes sur le visage, de lotion sur le corps, que sais-je. Je déteste le contact du produit sur les mains, l'odeur du produit (même le plus inodore possible) m'indispose, et...pour moi, c'est juste une corvée, une perte de temps. Et pour la coiffure : cheveux ultra courts depuis des années, que je coiffe...oh...en cinq secondes. Parfois j'ai un peu l'air d'un épouvantail mais je m'en amuse plus qu'autre chose ! J'ai toujours eu en horreur le coiffage savant à grand renfort de gel ou de laque.


    - Personnalité excentrique, qui peut se réfléter dans l'apparence. => pour le coup, pas concernée... Pas de tatouages (même si j'aimerais bien mais je tombe dans les pommes devant la moindre aiguille !), pas de boucles d'oreille (un trou dans mon corps, j'en frémis rien que d'y penser !) et encore moins de piercings. Tenues classiques, qu'on ne remarque pas.


    - Fait plus jeune que son âge, dans son allure, ses vêtements, son comportement et ses goûts. => je dis souvent que je suis née vieille, mais par un curieux hasard, je fais beaucoup plus jeune que mon âge. On me donne facilement dix ans de moins. Par contre, j'ai des goûts qui sont tout sauf jeunes et idem pour le comportement.


    - Généralement un peu plus expressive de visage et dans ses gestes que ses homologues masculins. => personnellement je ne suis pas expressive du tout au niveau du visage et des gestes.


    - Peut présenter de nombreux traits androgynes, malgré une apparence féminine. Se voit elle-même mi-masculine/ mi-féminine. (bon équilibre anima/animus) => je ne me sens ni femme ni homme. L'identité sexuelle est un concept qui m'échappe totalement. Je suis asexuelle, ceci explique peut-être cela.

    - Peut ne pas avoir un sentiment d'identité fort et peut être un caméléon, spécialement avant le diagnostic. => je suis un caméléon dès que je suis exposée socialement, parce que je sais bien qu'il faut véhiculer une certaine image pour ne pas faire de vagues. En vrai, je ne le fais qu'au travail car je n'ai aucune vie sociale en dehors de cette obligation (il faut bien se nourrir...)...


    - Aime se réfugier dans la lecture ou le cinéma, surtout la science-fiction, la fantasy, ou la littérature enfantine. => tout à fait vrai, surtout pour la lecture. J'ai 37 ans et j'adore la littérature jeunesse, comme ce blog peut en témoigner !


    - Le contrôle devient une technique de gestion du stress : règles, discipline, rigidité dans certaines habitudes, qui sont en contradiction avec son apparente excentricité. => totalement. Je peux donner l'impression d'être une grande gamine (sans parler véritablement d'excentricité...) tout en mettant un point d'honneur à respecter certaines règles strictes dans mon quotidien.


    - Généralement plus heureuse à la maison ou dans un environnement "contrôlé". => également vrai, à 300%... Je refuse de sortir de mon univers, j'ai toujours eu un profond rejet pour les lieux qui ne sont pas "miens". Déjà toute petite, je refusais de partir en voyage scolaire, en classe de neige, en colonie de vacances. J'ai séjourné une nuit à l'hôtel, avec mes parents, et évidemment j'ai détesté. J'ai même du mal à passer plus d'une journée chez mes parents, surtout maintenant que je me sens réellement bien dans mon chez-moi.

     

     Intellect / Dons / Education / Vocation

    - Peut avoir été diagnostiquée autiste ou Asperger dans l'enfance, ou peut avoir été qualifiée de surdouée, timide, hypersensible, etc. Peut aussi avoir eu des soucis d'apprentissage sévères. => je sais que, petite, on m'a cru autiste (sans parler d'Asperger, car en 1981 ce n'était pas encore bien connu...)  mais puisque je n'avais aucun trouble de l'apprentissage (bien au contraire) le sujet a été classé rapidement. En revanche, j'ai été taxée de timide maladive durant toute ma scolarité. J'étais la seule à savoir que je n'étais pas timide (je ne me suis jamais sentie comme telle !) mais juste non intéressée par la sphère sociale...

    - Souvent musicienne, artiste. => pas musicienne pour deux sous... Je ne me considère pas du tout comme artiste, je n'ai aucun goût artistique !


    - Peut avoir une aptitude particulière, un ou plusieurs talents spécifiques. => l'écriture doit pouvoir rentrer dans cette catégorie, j'ai toujours eu une certaine aptitude à manier les mots. Je suis également douée pour la cuisine, surtout en improvisation, sans suivre de recette, en faisant tout au feeling.


    - Peut montrer un grand intérêt pour les ordinateurs, les jeux, la science, le graphisme, le design, tout ce qui touche au technologique ou au visuel. Les plus verbales peuvent s'intéresser à l'écriture, aux langues, à la sociologie, à la psychologie. => J'ai plongé dans l'univers de l'informatique toute petite (à 8 ans) et j'adore tout ce qui touche au high tech. J'ai aussi une grosse attirance pour les jeux videos, même si je peine à bien structurer mes journées pour les intégrer à mon quotidien. J'aime énormément l'écriture, j'ai une passion dévorante pour l'Anglais, je m'intéresse énormément à la criminologie et à la psychologie.


    - Peut avoir appris à lire seule, avoir été un enfant hyperlexique (capacité à déchiffrer n'importe quel mot avant 5 ans), et présenter une grande variété d'autres capacités acquises en autodidacte. => Je savais lire avant d'entrer en maternelle, et je suis très autodidacte. J'occupe un poste à responsabilité sur lequel je me suis formée toute seule (comptabilité), je me suis remise à niveau en Anglais après avoir été d'une nullité affligeante tout le long de ma scolarité et je suis maintenant quais bilingue, j'ai toujours préféré tout apprendre par moi-même.

    - Peut avoir fait des études supérieures, mais avoir dû se battre avec les aspects sociaux de l'université. Peut avoir validé partiellement un ou plusieurs diplômes. => les aspects sociaux de l'université m'ont clairement décidée à ne pas y rester ! Trop de monde, trop de bruit, trop, trop, trop ! Les salles trop grandes, le brouhaha permanent, la mentalité trop "jeune" pour moi... Dès que j'ai pu entrer dans la vie active par la petite porte, je l'ai fait sans l'ombre d'une hésitation !


    - Peut être très passionnée par un cursus ou un travail, puis changer d'orientation ou y devenir rapidement complètement indifférente. => en fait, je n'ai jamais été passionnée par les études, encore moins par le travail. Je n'ai jamais eu de métier idéal, à part peut-être écrivain (mais j'idéalisais le truc !) et je trompais l'ennemi en disant à mes enseignants que je voulais être professeur... C'était une technique pour attirer leur sympathie, et...ça marchait très bien !


    - A souvent des problèmes pour garder un emploi et trouve la recherche d'emploi ardue. => joker ! J'ai eu une chance monstrueuse car j'ai pu faire mon nid dans la fonction publique... j'ai vaguement cherché du boulot à l'époque où j'en avais assez de mes CDD à répétition (maintenant je suis fonctionnaire...) et j'ai surpris les recruteurs par ma franchise, quand il s'agissait d'avouer que je ne maîtrisais pas telle ou telle compétence. J'aurais clairement eu du mal à changer souvent de travail. Mes collègues m'ont toujours un peu dans le collimateur parce que je ne socialise jamais, mais ils s'y sont faits (au bout de 17 ans, il serait temps...) et ont jeté l'éponge. Cela aurait été beaucoup plus difficile si j'avais souvent changé de milieu professionnel.


    - Très intelligente, mais peut parfois se montrer lente à comprendre à cause de son processus cognitif et sensoriel. => je comprends lentement tout ce qui touche à l'affect. Pour le reste, pas de problèmes.


    - Ne s'en sort pas bien avec les instructions verbales : doit noter ou faire des schémas. => de moins en moins vrai, j'ai une très bonne mémoire auditive et même si j'ai tendance à noter par automatisme, c'est rarement nécessaire.


    - A des intérêts particuliers, mais moins inhabituels que ceux de ses homologues masculins (elle est moins disposée à être fan des trains, par exemple). => mon intérêt pour la criminologie en fait sûrement partie, sans certitude cependant ! Je ne sais pas trop ce qui est censé être habituel ou pas.

     

    Emotionnel / Physique

    - Immaturité et hypersensibilité émotionnelle. => pas trop d'accord pour le coup, je suis même carrément dans l'opposé, trop mature, depuis toute petite !


    - L'anxiété et la peur sont les émotions prédominantes. => tout à fait d'accord ! Surtout pour l'anxiété, même si j'ai mon lot de phobies.


    - Plus encline à parler de sentiments et de soucis émotionnels que les hommes Asperger. => pour moi, complètement faux. J'ai déjà du mal à ressentir des sentiments, alors les exprimer...!


    - Hyperesthésie (hypersensibilité auditive, visuelle, olfactive, tactile), sens "surchargés". Moins enclines à avoir des problèmes avec le goût ou la texture des aliments que les hommes. => vrai. J'ai un super-renifleur (que je maudis au moins une fois par jour...) et mes autres sens sont assez développés, sauf la vue (myopie).


    - Humeur changeante et tendance à la dépression. Peut avoir été diagnostiquée bipolaire ou maniaco-dépressive (comorbidité fréquente avec l'autisme ou le SA) quand le diagnostic de SA n'a pas été posé. => pas trop vrai pour l'humeur changeante. Je ne me considère pas comme dépressive, mais il m'arrive régulièrement d'avoir ce que j'appelle des pensées parasites, notamment sur des sujets sur lesquels je ne peux avoir aucune emprise (le temps qui passe, la mort, la maladie...). Mais je ne suis pas de nature à déprimer trop longtemps, ça dure généralement dix minutes et ça disparaît tout seul.


    - A probablement reçu différents traitements pour ses symptômes. Peut être très sensible aux médicaments et à tout ce que son corps va absorber, peut donc ressentir facilement des effets secondaires indésirables. => vrai, sur tous les points. Une fois, j'ai développé un gros épisode vertigineux après avoir avalé UN SEUL cachet contre l'herpès. C'était un effet très rare, je ne l'ai vu que plus tard, j'ai passé l'après-midi dans le fauteuil sans pouvoir me lever ! Idem pour un traitement de fond "léger" (sans alcool) prescrit par mon médecin quand j'étais adolescente. Je n'ai jamais eu aussi mal à la tête de toute ma vie, et le médecin n'y a pas cru !

    - 9 sur 10 ont de lourds soucis gastro intestinaux (ulcères, remontées acides, syndrome du côlon irritable, etc). => vrai, hélas. Pas pour l'ulcère, mais pour les troubles gastro intestinaux chroniques, je valide.


    - Stéréotypies pour s'apaiser si elle est triste ou agitée: se balance, se frotte le visage, fredonne, fait claquer ses doigts, fait tressauter sa jambe, tape avec le doigt ou le pied, etc. => je pianote sur les meubles, ça énerve beaucoup les gens en général.


    - De même quand elle est heureuse : bat des mains, tape dans ses mains, chante, saute, court, danse, sautille. => faux, mais j'avoue que je ne suis pas du genre à manifester ma joie. J'ai la joie silencieuse, moi.


    - Encline aux crises de colère ou de larmes, même en public, parfois pour des causes apparemment anodines (en raison de la surcharge sensitive ou émotionnelle). => vrai, mais pas en public. Par contre je ne compte pas les fois où mes parents m'ont vu piquer des crises de larmes sans en comprendre la raison, juste parce que j'étais en surcharge sensitive.

    - Déteste l'injustice et déteste se sentir incomprise, ce qui peut entraîner colère ou rage. => vrai, mais essentiellement si l'injustice me concerne.


    - Facilement mutique quand elle est stressée, contrariée ou bouleversée, surtout après une crise. Moins encline au bégaiement que les hommes, mais peut avoir une voix rauque, parfois monotone, quand elle est stressée ou triste. => vrai, même si ça le devient moins en vieillissant. Comme je vis seule, j'ai tendance à décompresser beaucoup plus facilement que lorsque j'avais à "subir" un contexte social après une contrariété.

     

    Social / Relationnel

    - Mots et actes souvent mal compris par les autres. => vrai, j'imagine, mais j'avoue aussi que je n'y ai jamais accordé d'attention !


    - Vue comme froide et égocentrique, inamicale. => vrai, et je suppose que ma réponse du dessus en est un bon révélateur ! ;) J'ai tendance à revendiquer mon droit à l'égoïsme et à l'égocentrisme, je crois en avoir déjà parlé par ici. J'ai un mode de vie qui rend mon égoïsme absolument inoffensif pour les autres, et du coup je ne comprends pas en quoi il choque.


    - Parfois très bavarde, peut s'enflammer quand elle parle de ses passions ou intérêts particuliers. => rare, mais vrai.


    - Peut être très timide ou mutique. => mutique, oui. Je ne parle que si je vois un intérêt à m'exprimer, sinon je me tais. Timide, non.


    - Comme ses homologues masculins, se tait dans les situations sociales une fois "submergée", mais se montre généralement plus sociable à petites doses. Peut donner l'impression de gérer, mais c'est un rôle qu'elle joue. => totalement et je suis consciente que ce n'est qu'un rôle, je peine d'ailleurs souvent à comprendre comment je peux faire illusion.


    - Sort peu. Préfère sortir seule avec son compagnon ou ses enfants si elle en a. => vrai. Et je préfère sortir seule, tout court. Je ne sors que pour marcher (parce que ça fait partie de mon hygiène de vie), faire mes courses, promener le chien, aller chez le médecin. Je ne sors jamais de chez moi le soir, je déteste les restaurants, je n'aime pas les lieux où je vais rencontrer trop de monde. Et "trop", chez moi, c'est plus de 10 personnes...


    - A peu d'amies et a peu d'activités "de fille" comme le shopping ou les sorties entre femmes. => vrai. Et j'ai du mal avec cette notion d'amitié. Je parle plutôt de "relations amicales" et je ne cherche aucune proximité, aucun contact régulier. Petite, mon cauchemar était de faire les magasins avec ma mère, et j'ai mis longtemps à réaliser que c'était précisément une activité que les petites filles adoraient. Je déteste toujours autant le shopping (mais j'adore faire mes courses).


    - A un(e) meilleur(e) ami(e) ou des ami(e)s à l'école, mais plus une fois adulte. => vrai. Même si je me rends compte maintenant que déjà à l'époque je gardais une grande distance. Je faisais ce que je fais maintenant au travail, je gardais les deux sphères soigneusement éloignées l'une de l'autre.


    - Peut désirer ou pas avoir une relation sentimentale. Si elle a une relation, elle la prend sans doute très au sérieux, mais elle peut choisir de rester seule ou célibataire. => vrai. Je n'ai jamais eu de relation amoureuse, j'en ai déjà parlé sur le blog. Le célibat est pour moi une réelle évidence. Je n'ai pas envie/besoin de vivre autrement.


    - En raison de ses soucis sensoriels, peut soit vraiment apprécier les relations sexuelles soit les détester. => je suis asexuelle. Je déteste tellement les contacts physiques ordinaires que, quelque part, je trouve ça très logique !


    - Si elle apprécie un homme, elle peut être extrêmement maladroite dans ses tentatives pour le lui faire comprendre (par exemple le fixer du regard ou l'appeler sans cesse). Cela s'explique par une fixation et une mauvaise compréhension des rôles sociaux selon le genre. Cela change avec l'expérience. => faux, mais en 37 ans de vie je n'ai jamais apprécié personne sur ce plan-là !


    - Préfère souvent la compagnie des animaux, mais pas toujours, à cause des soucis d'hyperesthésie. => vrai, mon chien et mes chats pourront en témoigner ! Sur une journée lambda, la compagnie que j'apprécie le plus, c'est celle de mes poilus ! Même si j'ai parfois du mal à gérer certains aspects "animaliers". Un animal, c'est spontané, ce que je ne suis pas du tout. Mais c'est aussi très adaptable, et je suis en train de m'en rendre compte, une fois de plus, avec mes deux Griffues.

     


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  • La bande des Griffus à leur arrivée...

    Je me rends compte que j'ai repris les chroniques du blog sans parler d'une grosse nouveauté personnelle, j'ai nommé : l'irruption dans mon existence (et celle du Chien-Saucisse) de deux bestioles griffues !

    Pour résumer : en septembre dernier, alors que nous revenions de la promenade des chiens, mon père et moi avons eu la surprise (pas très agréable sur le coup) de trouver quatre tout petits chatons abandonnés, déposés dans un carton juste devant la voiture paternelle. Nous étions en forêt, dans un carrefour (très) reculé, sans passage, un samedi soir à presque 19h00. Pour moi, il est évident que les s...ales bêtes qui ont déposé le carton à cet endroit avaient dans l'idée de les abandonner en pleine nature, et qu'en voyant qu'il y avait une voiture (et donc un promeneur pas loin) ils ont décidé de s'acheter une conscience en laissant quelqu'un d'autre décider du sort des chatons...

    Je n'ai jamais eu énormément d'illusion sur le genre humain (ah, l'homme est un animal social, vraiment ???) mais disons que je me serais bien passée de cette énième preuve...

    La découverte du carton a été suivie d'un gros moment de panique : les vétérinaires étaient tous fermés, les chatons semblaient mal en point, affamés et à bout de force, et nous n'avions fichtrement pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire !

    Heureusement, une amie connue sur Internet m'a donné quelques conseils fort utiles, puis j'ai appelé la vétérinaire de garde pendant que mon père se hâtait d'aller dans une fameuse grande surface pour acheter du lait spécial chaton. Il n'a trouvé que du lait "normal", pas du lait maternel, mais la vétérinaire nous a rassuré téléphoniquement en nous disant que c'était mieux que rien du tout... Nous avions estimé l'âge des chatons à trois semaines, vu leurs poids.

    Nous avons donc passé le samedi soir et tout le dimanche à biberonner quatre chatons affamés et un peu perdus, tout en nous demandant ce que nous allions en faire !

    Le lundi, direction le vétérinaire : bonne nouvelle, tout le monde était en parfaite santé, la vétérinaire a d'ailleurs trouvé ça bien étonnant. Je pense que la mère des chatons n'était pas une chatte errante ou sauvage (sinon il y aurait eu des puces, des tiques, la gale des oreilles...) mais une chatte domestique. Et je suis persuadée que ceux qui ont fait ça lui ont arraché les chatons quand ils ont estimé qu'ils étaient assez grands pour "se débrouiller". Quel genre d'abruti peut penser que des chatons de même pas un mois ont la moindre chance de survivre en pleine forêt, sans leur mère, sans chaleur, sans eau...????

    Pour la vétérinaire, ils étaient plus proches des 4 semaines que des 3. Du coup les biberons ont vite disparu au profit de croquettes spécial chatons. Et tout ce petit monde s'est mis à grandir, gambader, faire des bêtises, escalader... 

    Gremlin et le Chien-Saucisse

    Comme ça faisait beaucoup d'agitation, et que mes parents devaient gérer de gros travaux de chauffage, j'ai récupéré deux chatons chez moi. Et j'ai commencé à me dire que j'en garderais peut-être bien un... Au départ, j'avais craqué pour le chaton que j'avais baptisé Gremlin. Il m'avait tenu le doigt avec sa petite patte durant tout le trajet depuis la forêt jusqu'à la maison, et il n'avait pas arrêté de miauler en me regardant droit dans les yeux. Pour moi, dès les premières secondes, ça a été Gremlin, je ne pouvais pas lui donner un autre nom...

    Mais avec Gremlin, il y avait celle qui a l'époque était encore Parki. Parki, pour Parkinson, parce qu'elle tremblait tellement quand elle est sortie du carton qu'on la pensait atteinte d'une maladie neurologique !

    Parki, devenue Hermione

    Une petite "calico", et la seule femelle de la bande (croyait-on...)... Au bout de quelques jours, j'ai eu comme qui dirait un gros cas de conscience : j'étais finalement incapable de choisir entre les deux. Garder Gremlin, c'était condamner Parki à finir... où ? A la SPA ? Perdue au milieu d'une centaine de chats en attente d'un hypothétique foyer ? Chez un particulier inconnu à qui j'aurais du faire confiance, sans savoir si c'était justifié ? Mais l'inverse n'était pas plus facile. Dans son carton, avec sa petite patte sur mon doigt, j'avais l'impression que Gremlin m'avait demandé de lui faire une petite place chez moi. J'avoue, ça a été très dur de trancher. Et notamment pour une raison toute bête : les chatons, tout mignons qu'ils étaient, perturbaient grandement ma routine !

    Là, on rebascule dans le champ Asperger : cette routine bousculée, ça m'a vraiment perturbée pendant des semaines, et ça a clairement joué dans mes hésitations, au point que j'ai fini par en pleurer, version fontaine, dans ma cuisine, avec deux chatons ronronnants sur les genoux !!

    J'ai mis plus d'un mois à trancher. Je n'ai pas été très aidée par les revirements maternels, parce que de son côté aussi c'était difficile de s'imaginer "abandonner" les chatons. Entre-temps, on nous avait gentiment dit que si on allait donner nos rescapés à la SPA, on devrait signer un papier stipulant qu'on les abandonnait (!) parce qu'à partir du moment où on les avait amenés chez le vétérinaire, ils devenaient notre propriété. Charmant. Psychologiquement, il y a quand même une grosse différence entre emmener des chatons dans un refuge dans l'espoir de leur trouver une famille, et les y emmener en signant un papelard pour dire qu'on les abandonne à leur sort.

    Au final, vous l'aurez deviné, j'ai gardé les deux monstres !

    Et, gag rigolo, mes parents ont finalement gardé les deux autres !

    le second duo infernal

    Chez moi, il y a donc : Gremlin, Hermione (parce que Parki, quand même, ça le faisait moyen sur le long terme !) et Hagrid la Saucisse !

    Et chez mes parents : BeeWee, Timide, Tigris et Gordon le Chien-Boudin !

    Nous avons le droit au tarif famille nombreuse chez le vétérinaire !

    Et la révélation finale, c'est qu'à l'arrivée nous avons trois femelles et un mâle, tout l'inverse de ce que l'on croyait ! Tout ce beau monde a été stérilisé et pucé fin février.

    Et la cohabitation avec le Chien-Saucisse, me demanderez-vous ?

    Oh, je pense que ça va...

    tout le monde ronfle...


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  • J'ai trouvé par ici la liste (simplifiée) des comorbidités observées chez les porteurs du syndrome d'Asperger et ça m'a beaucoup interpelée car je me retrouve dans une grande partie de la liste...

    J'ai donc mis en rouge les points dans lesquels je me retrouvais. Le résultat est assez parlant, je trouve.


    CERVEAU – DIFFERENCES IDENTITAIRES
    Difficultés à établir son appartenance sexuelle (74%)
    Fétichisme (63%)
    Pas de préférence sexuelle (Omni-sexualité) (43%)
    Asexualité (21%)

    CERVEAU – DIFFICULTES DE CONTROLE
    Se concentre sur les objets plutôt que sur les relations humaines (100%)
    Dyspraxie (81-94%)
    TOC (91%)
    Problèmes psychomoteurs (81%)
    Impulsivité (71%)
    Apraxie (71%)
    TDAH/Hyperactivité (34-62%)
    Agressivité/automutilation (24-43%)
    Epilepsie (25%-38%)
    Inattention (19%)
    Sur-automédication (17%)

    CORPS – SYSTEMIQUE
    Différences développementales diverses (100%)
    Petites anomalies physiques (99%)
    Faible résistance microbienne (94%)
    Carence en sérotonine (67%)
    Faible défense Auto-immunitaires (53%)
    Dystrophie (faiblesse musculaire) (41%)
    Hypotonie (manque de tonus musculaire) (34%)
    Mouvements saccadés, peu naturels (31%)
    Périodontie (Maladie des gencives) (67%)

    FACE
    Paraît plus jeune que son âge (81%)
    Plus grande circonférence crânienne (79%) (alors là, je ne sais pas !!)

    AUDITION
    Sensibilité aux petits bruits (91%)
    Conduits auditifs (trompes d’Eustache) rapprochés (83%)
    Sensibilité aux bruits forts (59%)
    Troubles dans les processus auditifs (32%)
    Otites (23%)

    VISION
    Attention prononcée pour les détails (98%)
    Aversion pour le contact visuel (93%)
    Acuité visuelle accrue(72%)
    Sensibilité à la lumière (71%)
    Fausse perception des distances (44%)

    ORALITE/COMMUNICATION
    Troubles sémantico-pragmatique (67%)
    Vocabulaire étendu (54%)
    Troubles dans l’acquisition du langage non-verbal (51%)
    Dyssémie (Difficultés à comprendre la communication non-verbale) (38%)

    ALIMENTATION
    Goûts alimentaires très restreints (97%)

    CERVEAU/DEPRESSIONS
    Anxiété/Etats Anxieux (84%)
    Troubles du Sommeil (11-61%)
    Pensées Suicidaires (39%)
    Dépression Chronique (31%)
    Migraines (19%)
    Dépression Post Traumatique (11%)

    CERVEAU – TROUBLES DES EMOTIONS
    Difficultés dans les Interactions Sociales (100%)
    Dépression (92%)
    Déficit de l’Imagination (faire semblant) (72%) (ah non, tout l'inverse !)
    Troubles de l’humeur (11-37%)
    Manque d’Empathie (32%)
    Troubles Emotionnels et du Comportement (31%)

    CERVEAU – TROUBES COGNITIFS
    Peu de Conscience de sa Position dans l’Espace (100%)
    Idées Excentriques (100%)
    Comportements/Intérêts Répétitifs et Restreints (100%)
    Incompréhension du Langage Figuré (100%)
    Difficultés de Généralisation (100%)
    Echolalie (78%)
    Alexithymie (Difficultés à reconnaître les émotions) (77%)
    Phobies (67%)
    Voix/Intonation Monotone/Monocorde (81%)
    Usage Atypique du langage (80%)
    Intolérance à certaines Textures Alimentaires (79%)
    Interprétation Hyper Littérale (77%)
    Non-Compréhension des Nuances (71%)
    Hyper Verbosité (61%)
    Métaphores Atypiques (45%)
    Discours Prosodique/Manque de rythme dans le discours (44%)
    Multiple Allergies (41%)
    Déficits de Perception Auditives (39%)
    Hyperlexie (36%)
    Hyper-pédantrie (34%)
    Discours/Intonation/Ton Idiosyncratique (31%)
    Rhume des Foins (31%)

    COEUR/APPAREIL CIRCULATOIRE
    Hypertension (42%) (trouble tout beau tout neuf, chouette alors !)

    MAINS
    Onychophagie (se Ronger les Ongles) (78%)
    Faire claquer les doigts (41%)

    SYSTEME DIGESTIF
    Intolérance au Candida Albicans (Levure) (83%)
    Intolérance au Gluten (61%)
    Soucis Gastro-intestinaux (44%)
    Intoléranse au Casei (42%)
    Syndrome des Intestins Irritables (28%)
    Altérations de la Digestion/Omissions d’Enzymes (23%)

    CERVEAU – PROBLEMES SENSORIELS
    Troubles de l’intégration sensorielle (98%)
    Sensory Processing Disorders (81%)
    Somatosensory amplification (67%)
    Synesthésie (4-28%)

    CERVEAU – CONDITIONS GENETIQUES
    Capacité de mémoire accrue (98%)
    Haut QI (91%) (jamais fait tester...)
    Douance (72%) (idem, jamais fait tester...)
    Savantisme (7-60%)


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  • Après une looooooooooooooooooooongue période de hiatus, me voici de retour avec un petit article (enfin, petit, c'est sûrement vite dit...) sur mon quotidien qui, ces derniers temps, a été bizarrement agité. Evidemment, cette agitation impromptue n'a pas été du meilleur effet... Quand on aspire à une petite vie routinière, on se retrouve vite dépassé par les événements de ce type, à plus forte raison quand on a un peu tendance à être un porte-poisse sur pattes.

    L'événement en question, donc, c'est un déménagement. Carrément.

    Souvenez-vous : ici, je vous parlais de ma grotte, à savoir mon appartement semi-troglodytique, acheté en 2010. Après 7 ans passés dans la pénombre, j'ai eu envie de changer d'air, et, pour être totalement honnête, je me suis surtout sentie à l'étroit. Pourtant, mon appartement n'était pas si riquiqui que ça... 33 m² au sol mais 70 m² de superficie totale : la partie "grotte" (le salon, qui était en fait une ancienne cave) ne comptant pas dans le calcul "Loi Carrez"... 70 m² pour une personne aussi solitaire que moi, on pourrait se dire que c'est laaaaargement suffisant, sauf que visiblement j'ai des goûts de luxe.

    Après quelques mois (quasiment un an) de prospection, et après avoir failli faire une grosseuh bêtise (à savoir acheter une maison qui aurait été un gouffre financier) j'ai renoncé à l'idée d'avoir, justement, une maison avec jardin (carrément hors budget) et j'ai cherché du côté des appartements. Coup de bol, j'ai finalement croisé la route de ce qui, de mon point de vue pas spécialement objectif, est un véritable palace, à savoir un appartement de 94 m², situé à 5 mn à papattes de mon travail ! Deux chambres, un énorme salon de 40 m², un immense balcon, une cuisine équipée, une grande entrée, le tout dans un environnement très lumineux... Le paradis !

    le palace, avant emménagement...

    Le changement a été laborieux, notamment parce que j'ai du vaincre une grosse partie de mes réticences. J'ai cherché pas mal d'excuses foireuses pour ne pas l'acheter, à commencer par le fait qu'il soit équipé de chauffage au sol (nouvelle génération). La vérité, c'est qu'en bonne Aspie, le changement me flanque la frousse, même quand il est initié par moi... Et cet appartement-là est forcément moins "économique" que le précédent en terme de charges et d'impôts... J'ai passé quinze jours à aligner les calculs dans mon calepin. J'ai une petite tendance radine qui n'a rien arrangé... Mais au final j'ai décidé de faire un choix et de privilégier mon confort de vie, chose que je ne regrette absolument plus, presque un mois après mon emménagement ! Pouvoir rentrer chez soi le midi et avoir quasiment deux heures de pause déjeuner, c'est bien appréciable ! Auparavant, je devais faire 40 mn de marche (aller et retour) chaque midi pour la pause déjeuner... Je marche toujours autant dans ma journée, MAIS c'est pour promener mon chien ou pour flâner.

    le palace, après emménagement !

    Niveau situation géographique, mon nouvel appartement a le gros avantage d'être situé sur une avenue passante, mais de communiquer également avec une zone beaucoup plus calme. Le matin, je suis réveillée par le chant des oiseaux (en plein centre-ville, c'est appréciable !) et je peux dormir les fenêtres ouvertes. Mention spéciale également au balcon, qui est devenu le lieu favori de mon toutou, qui chaque soir me fait savoir qu'il aurait bien envie d'y mettre les pattes ! Au passage, rien de tel qu'un balcon pour renouer avec le plaisir de la lecture ! Quant aux voisins, ils frôlent tous les 80 ans et je n'entends AUCUN bruit, ni le matin, ni la journée, ni la nuit. A se demander s'ils sont réels !! Si ça se trouve, ce sont tous les fantômes ! Esprit es-tu là ?

    pause lecture, sur le balcon, avec Cui-Cui !

    J'ai eu la malchance de cumuler pas mal de tuiles dans l'aventure achat/revente, et pourtant on aurait pu croire que ce serait simple, vu que j'ai revendu mon premier appartement à mes parents, qui veulent en faire un bien locatif. Mais je suis tombée sur un courtier pas pressé, sur un agent immobilier antipathique et pas spécialement dynamique, et j'ai passé deux mois à devoir vociférer sur tout le monde pour faire valoir mes droits. Je savais déjà que sur le plan administratif, notre pays était un peu vaseux, mais là, franchement, j'en ai eu la démonstration flagrante. Il y a sept ans, mon achat a été hyper facile, alors même que j'avais une situation moins confortable : j'étais en emploi précaire, je gagnais 900 euros de moins, je n'avais aucune sécurité de l'emploi... Cette année, c'était tout le contraire : fonctionnaire, un bon salaire, des économies pas négligeables...et pourtant, ça a été la galère d'un bout à l'autre. D'ailleurs, à ce jour, je n'ai toujours pas vendu mon premier appartement à mes parents, le dossier ayant pris un retard monstrueux à cause de ces fichues lenteurs administratives !! Pour quelqu'un d'aussi maniaque et prévisible que moi, ça a clairement été une torture !

    Ne parlons pas du déménagement, des cartons, du contexte "social" à gérer (mon Dieu, 4 inconnus CHEZ MOI à qui il a fallu PARLER toute une matinée durant !), de la fatigue à encaisser (sachant que parfois dire simplement bonjour à cinq personnes différentes suffit à m'éreinter...)... De la galère pour faire ouvrir la ligne Internet (et découvrir que mon FAI ne fonctionnait pas à ma nouvelle adresse, j'ai été obligée de passer au FAI dont le nom est celui d'un célèbre agrume, ce qui n'a pas été la meilleure nouvelle du siècle !)... Du banquier qui m'a pris la tête parce que j'ai formellement refusé de prendre une carte de crédit horriblement coûteuse chez lui, et qui a voulu me faire croire que j'étais en tort... Et du fait qu'il va bientôt me falloir choisir le papier peint et le parquet... Rappelons que je n'ai AUCUN sens esthétique et que ça va juste être atroce de devoir choisir quelque chose...

    Ce qui est sûr et certain, c'est que, sauf gros gain au Loto, cet achat immobilier sera le dernier de mon existence ! 

    Ce qui est évident également, c'est que ce gros changement a dévoré une grande partie de mon énergie. Pendant trois mois, j'ai été incapable de me consacrer à autre chose qu'à ce déménagement ! J'en ai pourtant vécu énormément avec mes parents (j'ai perdu le compte au bout du 14ème...) mais là c'était différent, c'était le MIEN et il a bien fallu que je le gère d'un bout à l'autre !

    Heureusement, maintenant les choses se sont calmées et je profite bien comme il faut de mon nouveau chez-moi ! Et malgré le côté épuisant de l'aventure, je ne regrette pas de m'être forcée à franchir le pas !

    Ça déménage...au sens propre !


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  • Aujourd'hui, c'est le jour "guimauve". Le jour des z'amoureux, parait-il. Le jour où on voit fleurir des messages mièvres, où les hommes dévalisent les fleuristes, les bijoutiers, les parfumeurs, où les restaurants proposent des menus spéciaux, etc. Le jour aussi où les célibataires sont censés déprimer, se morfondre, pleurer sur l'injustice du monde, ou participer à des soirées "pour célibataires", pour précisément ne plus déprimer l'an prochain à la même époque.

    Et moi, dans tout ça, je me situe où ?? 

    Je n'en sais fichtrement rien. Pas du côté déprime, ça c'est clair et net. J'ai toujours été célibataire, je n'ai jamais eu l'ombre d'un flirt, ni à l'adolescence ni après, et je n'ai jamais éprouvé de manque ou d'envie. Et quand bien même j'aurais eu une vie amoureuse, eh bien, franchement...je trouve cette "fête" assez vide de sens. Comme si les amoureux avaient besoin d'un jour spécial pour manifester leurs sentiments à leur moitié... On me dira, je dis ça par manque d'expérience, parce que je n'ai jamais connu "l'émoi amoureux" et que forcément je suis insensible au côté romantique de l'affaire. Peut-être. Peut-être pas. Je le reconnais bien volontiers, je n'ai jamais eu la fibre sentimentale. Quand les petites filles rêvaient d'un prince charmant devant les dessins animés de Walt Disney, moi je m'imaginais en train de traquer les criminels avec Rick Hunter ou Hooker...

    Ces deux dernières années, j'ai tenté de m'ouvrir un peu à cette dimension amoureuse, parce que quelque part je suis consciente que, dans le futur, je pourrai peut-être être amenée à regretter ce mode de vie qui est le mien. J'avais mentionné ici mes quelques expériences avortées. J'ai tenté de me réinscrire sur des sites de rencontre confidentiels, spécial geeks, spécial asexuels, bref, des sites qui sur le papier me correspondent. Mais depuis quelque temps, je fais un blocage complet à l'idée d'être inscrite sur ce type de support. J'y reste grand maximum deux jours avant d'effacer mon profil et de disparaître. Pas parce que je n'assume pas d'y être inscrite. Mais parce qu'au fond ma démarche me parait vraiment trop vide de sens. Je ne m'y inscrit pas parce que je rêve de trouver "le Grand Amour" mais juste parce que... eh bien... parce que, je crois, j'essaie de me "forcer" à m'intéresser au sujet. Ce qui n'est pas bien malin, parce que j'imagine que le sentiment amoureux, ça existe ou ça n'existe pas, mais ça ne peut pas se "créer" de toute pièce sur la peur d'un éventuel manque futur.

    La vérité, c'est que je ne me vois pas vivre en couple. Même sans parler de vivre sous le même toit. Partager mon temps libre avec quelqu'un, devoir faire des concessions de temps en temps, être obligée de discuter et de demander à l'autre de me raconter ses journées quand je n'aspirerais qu'au silence, devoir supporter une proximité physique (même occasionnelle), devoir entretenir la flamme en ayant des petites attentions pour l'autre... Tout ça me parait bien contraignant, et pas du tout, du tout proche de mon caractère et de mes attentes.

    Evidemment, les éternels optimistes, ceux pour qui ma situation est "déprimante" et pour lesquels il est inconcevable que je m'épanouisse dans la solitude, sont toujours là pour me dire que c'est parce que je n'ai pas rencontré "la bonne personne".

    Moi, je n'y crois pas. J'ai déjà été draguée. J'ai déjà échangé avec des hommes dont le profil se rapprochait du mien et qui me manifestaient de l'intérêt. Et ? Eh bien, je n'y ai jamais donné suite. Parce que, toujours, il manque cette envie. Personne ne pourra la faire naître d'un coup de baguette magique. J'ai toujours été le genre de personne à s'épanouir dans le silence et la solitude. Les amis, les sorties, la famille, ça ne m'a jamais attirée, au contraire, ça m'a toujours mise en fuite. Rien que le côté "aller boire un café" me rebute. Parce que pendant que je serai attablée avec l'homme qui m'aura invitée, je serais en train de ruminer sur le fait que ce temps de pause aurait été plus plaisant si je l'avais passé toute seule chez moi, avec un bouquin, un puzzle, un jeu vidéo ou un DVD. Sans compter que dans ce genre de contexte, j'aurais clairement l'impression de jouer un rôle, d'être hypocrite, de mentir à l'autre qui penserait que je suis heureuse de passer un moment en sa compagnie... Je joue un rôle en permanence dès que je sors de chez moi pour aller au travail, et je me refuse d'endosser encore un autre rôle quand il s'agit de ma vie personnelle.

    Du coup, ces histoires de Saint-Valentin me font doucement rigoler. Surtout quand on me sort (de plus en plus rarement, heureusement !) des phrases toutes faites du style "je te souhaite que ce soit ta dernière Saint-Valentin en solo". Les gens, parfois, devraient se renseigner avant de parler !

    Cependant, le plus dur à gérer pour moi, ce sont les femmes célibataires et frustrées de l'être qui, me sachant célibataire moi aussi, pensent que je vais partager leur détresse et leur désespoir. Et qui me prennent en grippe quand elles réalisent qu'en fait je suis bien contente d'être comme je suis. Avec le temps, j'ai appris à ne plus trop claironner sur les toits que j'étais heureuse dans mon célibat, juste pour éviter de nourrir les rancœurs de mes collègues qui souffrent de leur situation...et qui semblent considérer qu'il est impossible de s'épanouir quand on est seul(e).

    Avouons-le, au final elles ne m'agacent même plus, elles me font juste pitié... Parce qu'elles n'ont pas compris l'essentiel : le bonheur est une notion égoïste qu'on peut très bien cultiver en solitaire. D'autant qu'une petite partie de moi reste persuadée qu'il est impossible d'être heureux à deux quand on n'est déjà pas capable de l'être quand on vit seul...


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  • Hier, en échangeant sur le Net, quelqu'un m'a dit que j'étais sûrement Asperger.

    C'est rigolo, parce que je n'en avais absolument pas parlé, et parce que je ne faisais qu'échanger autour de la solitude. MA solitude, celle que je chéris depuis que je suis toute petite. J'étais sur un forum dédié aux gens novices en matière de relations amoureuses quand on m'a dit ça. J'y étais allée par curiosité, pour zieuter un peu les profils existants (et pour me rendre compte que décidément je ne rentre dans aucune case, ces gens-là aussi sont en grande souffrance morale et subissent leur situation, ce qui n'a jamais été mon cas, bref, passons...)... J'avais ouvert un fil pour me présenter, parce que c'était obligé, et donc j'avais exposé ma situation et mon mode de vie. Solitaire, donc.

    Il n'a pas fallu deux heures pour qu'on vienne me dire que je devrais "me forcer à voir du monde", "me trouver des activités moins solitaires", voire même carrément "voir un psy". Le ton n'était pas méchant, pas agressif, je suis persuadée qu'ils pensaient bien faire, mais...c'est un peu récurrent, ce discours, non ?

    La personne qui a parlé d'Asperger m'a dit qu'une autre utilisatrice s'était inscrite sur ce même forum une année plus tôt et qu'elle était Aspie, que son discours présentait des similitudes avec moi. Et m'a suggéré qu'Asperger pouvait expliquer ma vie solitaire. Ah ah ah. Je me marre, mon canard, parce que figurez-vous que les Aspies officiellement diagnostiqués, et même la psy que j'ai vue très très brièvement, m'ont dit que j'étais "trop" solitaire pour n'être "que" Asperger.

    Le paradoxe, donc, c'est que pour les gens lambda, ma solitude peut découler d'un Asperger. Et que pour les Aspergers, je suis trop solitaire (et trop égocentrique) pour être Aspie.

    Avouons que c'est comique...

     

    Du coup, ça m'a donné envie de revenir un peu sur cette histoire de solitude, même si j'avais rapidement abordé la question l'an dernier. Pour ma part, je considère que je suis Asperger ET solitaire. J'avoue, au tout début j'ai cru que seul Asperger pouvait expliquer mon amour inconditionnel de la solitude, mais j'ai vite réalisé que je me fourvoyais en me renseignant davantage que le sujet. Normalement, Asperger crée un sentiment d'isolement, une souffrance liée au fait que l'individu atteint est incapable de décoder les codes sociaux et de se mêler aux autres. Moi je sais décoder ces fameux codes (pas tous, uniquement ceux qui ont trait au travail... mais j'ai un gros côté "caméléon" qui m'a toujours aidée à m'adapter...) mais simplement je n'ai pas envie, pas besoin d'avoir une vie sociale. Et surtout, ça n'engendre aucune souffrance. Au contraire, c'est la socialisation imposée qui me fait souvent souffrir ! Quand je suis seule, dans le calme de mon domicile, livrée à moi-même, je suis paisible, tranquille, zen, calme, détendue, insérez l'adjectif de votre choix.

    Depuis que je suis toute gamine, on associe mon comportement solitaire à (entourez la réponse souhaitée) : une maltraitance parentale, une phobie sociale, une timidité maladive, un manque de confiance en moi, un complexe d'infériorité. Et j'en passe.

    Je n'ai jamais, jamais été maltraitée (moi j'étais plutôt du style enfant-tyran qu'enfant-tyrannisé...), je n'ai aucune phobie sociale (ni agoraphobie, au revoir Docteur !), je ne suis pas timide (réservée, oui, par choix, parce qu'on apprend énormément en observant d'abord et en prenant la parole plus tard...), et j'ai une très haute idée de moi-même (et tant pis si ça ne se dit pas !)... Et j'ai plutôt un complexe de supériorité qu'autre chose (oui, je sais, ça ne se dit pas non plus, mais je n'en ai pas honte !)...

    On m'a enquiquinée toute ma vie durant sur le sujet. Enfant, ça m'a valu des visites chez les psychologues scolaires. Qui au passage m'ont dégoûtée à vie des psys. Ado, ça me valait des réflexions de mes responsables de division, qui voulaient que je "prenne part à la vie en collectivité". J'aurais envie de leur dire, maintenant, avec le recul, que lorsqu'on s'acharne à forcer les gamins à faire des choses qui les répugnent, on ne parvient qu'à une chose, les bloquer davantage...

    Adulte, ça me vaut d'être encore taxée de "snob" ou d'être regardée comme une chose bizarroïde.

    Je n'ai jamais réussi à comprendre ce qui justifiait ces attitudes tordues.

    Je veux dire : pourquoi associe-t-on forcément la solitude CHOISIE à un mal-être, à une souffrance, voire, parfois, à une pathologie mentale ???

    Pour moi, la solitude, c'est juste une préférence, un trait de caractère à la limite, un mode de vie pleinement assumé surtout !

    Comme je l'ai déjà dit, je reste consciente que, peut-être, éventuellement, hypothétiquement, l'isolement que j'affectionne tant maintenant pourra me faire souffrir dans dix ou vingt ans. Mais soyons honnête, il serait ridicule de révolutionner un présent qui me plait pour prévenir d'éventuelles difficultés futures ! Sans compter que plus j'y réfléchis, et moins il me semble plausible que, hop, brusquement, d'un coup de baguette magique, je me dise : "ouin, je veux avoir des amis, je veux avoir une vie de famille, je veux sortir tout le temps"... Sauf gros coup sur la tête, franchement, ça m'étonnerait fort que je change de personnalité du jour au lendemain !

    Reste ce paradoxe de la solitude...qui rend parfois agressifs les autres. Ce n'était pas le cas hier, sur ce forum dont j'ai parlé plus haut. Mais ça a déjà été le cas avant. Plus d'une fois. IRL et sur le Web.

    Il y a des collègues qui m'ont prise en grippe parce que je fais "bande à part" en refusant de déjeuner avec eux, de participer aux soirées qu'ils organisent, d'aller aux pots de départ, voire récemment de donner de l'argent pour une collecte (quand je n'aime pas, je ne me force pas, même si officiellement je n'ai jamais rien reproché à la personne concernée par la collecte... Officieusement, c'était une autre histoire, j'ai donc refusé de jouer la carte de l’hypocrisie. Et de me séparer de mes dix euros. Navrée les gens, l'argent ça ne pousse pas sur les arbres...)... Il y en a une qui se sent persécutée parce que je ne lui parle pas assez. Et que j'ai refusé d'entrer dans le jeu absurde qui consistait à ramener un gâteau, chacun son tour, toutes les semaines. Partant du principe que je ne mangeais pas de gâteau (je fais gaffe à ma ligne, moi !) je n'ai jamais jugé utile de participer, surtout que la majorité des collègues vivaient le truc comme une corvée. Et devaient se farcir les commentaires désobligeants quand le gâteau n'était pas au goût de ces messieurs-dames. Merci bien.

    Au lycée, il y avait des filles qui pensaient que je les snobais parce que je refusais poliment de m'asseoir à côté d'elle en classe ou dans le bus.

    En primaire, les instituteurs me couraient après pour me forcer à aller jouer avec les autres, alors que je voulais juste lire sur mon banc.

    Et aujourd'hui encore, quand j'ai le malheur d'exposer mon mode de vie sur des lieux censés être des lieux d'échange (ce que je ne fais quasiment plus... à force, ça devient lassant d'entendre les mêmes réflexions !) on me dit que je "me fais des idées", que j'essaie de "me convaincre que je suis heureuse" ou encore que je veux "narguer les autres avec mon bonheur factice". Comme si, au choix, il était impossible OU malsain OU illusoire de trouver la solitude agréable et réconfortante...

    Je passerais sur le fameux discours qui répète en boucle que je suis forcément plus sociable que je le dis parce que je me sers d'Internet pour échanger. Ces gens-là ont une notion totalement faussée du Web. Ce sont sûrement les mêmes qui pensent avoir plein d'amis parce qu'ils sont envahis de demandes de gens qu'ils ne connaissent même pas sur FB...

    Au final, le vrai paradoxe, c'est que les gens comme moi, qui n'ont pas besoin d'avoir une vie sociale trépidante, qui n'envisagent pas de renoncer à leur mode de vie solitaire, qui ne s'ennuient jamais, même quand ils passent dix jours seuls chez eux...semblent déranger ceux qui n'envisagent pas de vivre sans amis et sans famille. Pourquoi ? Aucune idée ! Parce qu'on les renvoie à leur incapacité à supporter leur propre compagnie ? Parce que la solitude les angoisse et qu'ils nous en veulent de la trouver épanouissante ? Parce qu'ils ont été formatés par l'idée que "l'homme est un animal social" et qu'ils sont convaincus qu'on ne peut pas apprécier la solitude ? Parce que ce qui est différent fait toujours peur, quoi qu'on en dise ? Je n'en sais fichtrement rien.

    Personnellement, j'ai toujours estimé que mon mode de vie ne faisait de mal à personne. Et que donc personne n'avait le droit de me le reprocher... Je ne reprendrais pas l'adage qui dit "pour vivre heureux, vivons caché" parce qu'on va encore me dire que si on ressent le besoin de "se cacher" c'est qu'on a un souci avec le monde extérieur... Je dirais juste que notre vie nous appartient, individuellement, et que c'est à chacun de voir ce qu'il veut en faire. Si pour certains l'épanouissement passe par une vie sociale ultra riche, tant mieux. Si pour d'autres, comme moi, ça passe par une vie casanière et solitaire, tant mieux aussi ! Le principal, c'est que chacun y trouve son compte. Et qu'il arrête de lorgner le mode de vie du voisin...


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  • Dernièrement, j'ai pris des distances avec les communautés (forums, groupes FB...) qui fleurissent un peu partout sur la Toile et qui sont consacrées à Asperger. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à chaque fois, au bout d'un moment, se pose la question de ma "légitimité" au sein de tels groupes.

    Au début, je pensais que ça venait du fait que je n'avais pas de diagnostic officiel. Après tout, l'avis isolé d'une psy est un bon indice mais n'a rien d'une vérité absolue. Je le sais, j'en suis consciente, je l'admets, et...je m'en fiche.

    Manifestement, ça pose un autre problème. Je ne suis pas à la recherche d'un diagnostic qui inscrirait mon Asperger dans le marbre. Qui me ferait passer de "supposément Asperger" à "réellement Asperger". Bref. Il parait que les Aspies n'aiment pas les incertitudes. Personnellement, je n'ai pas l'impression d'être dans l'incertitude. Je suis convaincue que je colle au profil Asperger. Je pense également que je ne suis pas "que" Aspie. Je suis trop solitaire, ça fausse forcément la donne à un moment donné. Comment souffrir de l'incapacité à nouer des liens sociaux quand on n'a jamais ressenti le moindre attrait pour la dimension sociale, justement ? Je n'ai jamais, jamais, jamais souffert de mon inaptitude à nouer des liens. Au contraire, j'ai toujours souffert des tentatives extérieures pour "faire exploser" ma bulle. J'ai souffert quand les instits me forçaient à poser mon précieux bouquin pour aller jouer à des jeux crétins avec des camarades pour qui je n'éprouvais aucun intérêt. J'ai souffert quand, pour me "socialiser", ma mère s'est mise en tête de garder des marmots (qui au passage doivent garder un souvenir ému de mon accueil chaleureux, arf !). J'ai souffert quand mes parents m'ont "forcée" à fêter mes anniversaires en classe, alors que je n'y voyais qu'un calvaire. J'ai souffert quand, toujours pour me socialiser, ils ont tenté une inscription au club de tennis, pour m'inciter à sortir de chez moi.

    Il semblerait que la "souffrance" (le terme est quand même fort !) que je ressentais alors n'ait rien à voir avec la souffrance, réelle, douloureuse, handicapante, que les Aspergers lambda ressentent quand ils subissent une situation sociale. Le truc, c'est qu'en majorité, ils VEULENT s'intégrer dans la vie sociale. Ils VEULENT avoir des amis. Ils VEULENT qu'on leur parle, qu'on les invite, qu'on les prenne en considération.

    Moi... Eh bien, moi, c'était, et c'est encore, exactement l'inverse.

    Le hic, c'est que j'ai souvent retrouvé les mêmes travers sur les groupes que j'ai fréquentés. Visiblement, pour beaucoup, il y a un portrait-type de l'Asperger pur souche. Il doit souffrir de son isolement. Il doit rêver d'avoir une vie de famille normale, classique, chaleureuse. Il doit se remettre sans cesse en question. J'en passe. Je pense que cette façon de voir les choses est non seulement faussée mais dangereuse. Être Asperger, ça n'est qu'une caractéristique parmi tant d'autres. Ça ne définit pas une personne dans son ensemble. Il faut aussi accepter de tenir compte de la personnalité, de l'enfance, du cadre de vie, du milieu social même, allez savoir ! Je suis (supposément) Asperger, mais je suis aussi solitaire, réservée, méfiante, geek, un peu snob à mes moments perdus, vieux jeu sur beaucoup de domaines, etc... Il peut y avoir des Aspergers qui ne supportent pas d'être seuls, d'autres qui vont avoir besoin de s'exprimer à tout bout de champ, d'autres qui vont être naïfs et facilement manipulables... Encore une fois, tout est une question de caractère !

    De même, beaucoup d'Aspies semblent prendre plaisir à dénigrer ceux qu'ils appellent les "Neurotypiques". A croire que l'intelligence et la gentillesse ne sont que l'apanage des Aspergers... Je trouve un peu dommage de tomber dans la caricature. Si je ne suis pas la dernière à me plaindre des gens qui m'agacent, ce n'est pas pour autant que je les dénigre parce qu'ils sont "Neurotypiques" ! 

    Donc, voilà, j'ai mis de la distance avec tout ça. Ca me chauffait les oreilles depuis un petit moment, et hop, juste avant mes vacances, j'ai éprouvé soudain de besoin de couper les ponts. Attention, je ne dis pas que tout le monde dans ces groupes est rangé à la même enseigne ! Et je maintiens que ce genre de structures peut être une véritable aide pour les gens qui cherchent de l'aide pour mieux vivre leur Asperger. Cependant, moi, je considère que je n'y ai pas (plus ?) ma place.

    A cause de mon refus de diagnostic officiel, mais pas que.

    Le diagnostic officiel, justement, venons-en. Pourquoi je le refuse ? Je pourrais invoquer le fait que je n'aime pas les psys. Que l'idée d'être hachée menu pendant trois ou quatre jours par des tas de psy-bidules-chouettes me donne des sueurs froides (à choisir, je préférerais encore être enfermée pendant le même laps de temps avec des zombies évadés de The Walking Dead !). Que, ne conduisant pas, j'aurais déjà du mal à faire le trajet jusqu'au CRA de ma région et que je ne me sens pas le courage d'affronter le train, le bus et le tram. Que, mes parents (enfin ma mère surtout) refusant de prendre part au diagnostic, je pense déjà partir avec un sérieux handicap...

    La vérité, elle tient en une phrase : JE N'AI PAS BESOIN DE CETTE RECONNAISSANCE ! N'en déplaise à la psy que j'ai vue un temps, et qui m'a orientée vers la piste Asperger, je n'éprouve aucune envie d'officialiser la chose. D'après cette spécialiste, je finirai (pas au conditionnel mais bien au futur !) tôt ou tard par souffrir et de mon isolement "extrême" (d'après elle) et de mes difficultés relationnelles, et de mon stress quasi permanent. Elle pensait que vouloir travailler à temps plein jusqu'à la retraite était une utopie, et que je n'y parviendrais pas. Elle craignait le burn-out (que j'ai frôlé, je crois, mais pas du tout à cause d'Asperger ! Plutôt à cause de l'incompétence et de la méchanceté de certains...) et voulait me convaincre de passer par le CRA pour obtenir la confirmation du diagnostic, et par la suite...un statut "AAH". Ce qui signifie : Allocation pour Adulte Handicapé. Non mais, seriously?? J'ai mis un terme au suivi psy devant son insistance sur le sujet. Je n'ai aucun préjugé sur les Aspergers qui bénéficient de ce statut, je sais que beaucoup ont de réelles difficultés à gérer le quotidien et que ça les rend incapable d'affronter le monde du travail. MAIS je sais aussi que j'ai eu toute ma vie une chance MONSTRUEUSE (pourvu que ça dure, hihi !) et que je ne m'imagine pas me retrancher derrière Asperger pour ne plus bosser qu'à mi-temps (c'était son idée...).

    Nom d'un éléphant rose : j'ai 34 ans, un appartement à moi, un boulot fixe depuis 13 ans et un statut tout beau tout neuf de fonctionnaire ! En quoi ai-je le droit de me plaindre ? Alors oui, je suis crevée tous les soirs. Alors oui, je suis incapable de socialiser, même le weekend, même pendant les vacances, parce que le boulot me vide de toute envie de voir du monde. Alors oui, j'ai deux-trois crises d'angoisse par jour, et une bonne crise de migraine par semaine dès que je travaille. Et puis ? Je connais ça depuis mon enfance. J'ai toujours somatisé. J'ai toujours eu des angoisses. Des troubles du sommeil. J'en passe. J'ai l'habitude, en quelque sorte. Je sais que je ne serai jamais zen. Boulot ou pas. Et puis j'aime trop mon petit confort pour me priver d'une bonne moitié (si pas plus !) de ma paie ! Pour de bon, voir moins d'argent entrer sur mon compte en banque serait une bonne grosse source d'angoisse !

    Et puis quand bien même... Tout ce que j'ai cité plus haut, l'appart, le boulot, la vie indépendante... Je sais que ça rendrait perplexes les psys du CRA. Je suis une Aspie-Caméléon, j'ai su dompter mes difficultés pour devenir parfaitement autonome (ou presque). Contrairement à beaucoup, je sais gérer les difficultés administratives, je sais téléphoner pour obtenir des renseignements (même si je maintiens que le téléphone est une invention du diable !), je sais gérer mes finances à la perfection, je sais tout autant gérer mes relations avec ma hiérarchie, prendre des initiatives, imposer mes idées... Reste les difficultés relationnelles. Elles sont réelles, je le sais. Mais je sais aussi qu'elles n'occasionnent aucune souffrance, et je ne me vois pas prétendre le contraire devant des professionnels juste pour obtenir l'officialisation du diagnostic.

    On m'a accusée récemment de vouloir surfer sur l'effet de mode. Il semblerait qu'être Aspie, c'est tendance. Eh bien désolée, mais moi, je n'en tire aucune gloire. Et si au contraire je voulais me pavaner et afficher bien haut l'étiquette "JE SUIS ASPIE", il me semble que j'aurais entamé les démarches auprès du CRA depuis belle lurette ! Je ne parle pas d'Asperger à tout bout de champ. J'ai jugé utile d'informer les gens que je connais, mais depuis j'ai laissé le sujet de côté. C'est un peu comme si je leur avais dit "au fait, je suis myope". Mon mode de vie n'a rien de glorieux. Rien de honteux non plus, soyons clair. Mais il n'y a pas de quoi en faire la publicité !

    Je ne demande à personne de valider le diagnostic "officieux" que j'ai reçu. Je ne demande à personne d'y croire à 100%. Je considère que l'essentiel, c'est que moi, je me reconnaisse dans ce portrait. Que je puisse enfin mieux cerner mes difficultés. Les cerner, pas les dompter, pas les effacer, pas les "surmonter". Je n'ai pas envie, pas besoin de changer de mode de vie. Être officiellement reconnue Asperger, ça ne me rendrait ni plus zen, ni plus sociable. Ça n'enlèverait rien au fait que je n'ai jamais éprouvé le besoin de construire un cercle social.

    Donc non, désolée, même si ça enlève une partie de ma crédibilité, je le maintiens : pas de diagnostic officiel pour moi !!


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  • J'ai hésité avant de publier quelque chose sur le sujet, de peur d'être maladroite, et puis je me suis dit qu'il fallait que je me jette à l'eau.

    Pour être franche, je me sens un peu "mitigée" par rapport aux événements tragiques qui ont marqué la journée du 13 novembre d'une pierre blanche. Ou plutôt rouge, compte tenu de tout le sang qui a été versé ce jour-là...

    Je n'ai jamais trop su si mon manque d'empathie était réel, ou s'il venait du fait que j'intellectualise toujours trop. Je ne suis pas du genre à me laisser dominer par l'émotion. Je réfléchis, je mets en mots, je réfléchis. Je ressens, certes, de l'horreur, de l'effroi, de la sidération devant tout ce qui s'est déroulé ce 13 novembre, mais à côté de ça, très égoïstement sans doute, je me sens "à l'abri" parce que je peine à m'identifier aux victimes.

    Je me sens comme une extraterrestre brutalement arrivée sur Terre, qui serait témoin d'un horrible massacre dont les humains seraient les victimes... Je sais, c'est sûrement bizarrement formulé, c'est probablement très moche aussi, mais...c'est ainsi, je ne peux pas prétendre le contraire.

    Que ce soit clair, ce qui est arrivé me parait horrible, épouvantable, effroyable. J'ai passé la journée d'hier sur les réseaux sociaux, à réagir aux différents posts, à remercier les gens qui me demandaient de mes nouvelles (notamment une correspondante américaine, la première qui m'a laissé un message pour me demander si j'allais bien, et la première à m'avoir appris l'étendu du désastre, car je n'en savais rien avant d'aller sur FB ! Je ne regarde jamais la télé en direct, et je n'écoute jamais la radio...), à chercher des informations sur l'enquête, à relayer des posts pour aider à localiser des disparus. J'ai aussi mis une bougie sur ma fenêtre, j'observerai la minute de silence lundi midi, je n'aurai probablement pas très envie de rigoler dans les jours qui viennent... Mais...

    ...toujours, il y a ce problème d'identification.

    Moi, je ne sais pas ce que c'est que d'avoir le coeur à faire la fête. J'ignore ce qu'est ce besoin de se rassembler autour d'un concert. Cette envie d'aller retrouver des amis au restaurant du coin, pour partager un repas et des rires. Du coup j'ai le sentiment qu'il me manque...quelque chose. Je ne sors jamais de chez moi après 18h00. Je ne suis jamais allée dans un bar, à un concert, à un festival, que sais-je. Je ne vais au restaurant que deux fois l'an, et encore, quand je n'ai pas trop le choix. J'ai poussé le vice jusqu'à acheter un appartement totalement planqué, retiré de la rue, que personne ne parvient à localiser, pas même le facteur. Moi, je suis le genre de personne à tirer les rideaux dès que la promenade du chien est terminée, pour ne les rouvrir qu'à 8h00 le lendemain matin. Moi, je suis le genre à éteindre les lumières si quelqu'un vient frapper à la porte, pour ne pas avoir à aller ouvrir. Moi, je fais la quasi totalité de mes achats sur Internet. Je choisis de sortir aux moments creux, quand les magasins et les rues sont vides, je bénis d'ailleurs l'épicerie de quartier qui ouvre très tôt et me permet de fuir le gros de la foule. Moi, je ne vais jamais dans les centres commerciaux, je n'aime pas ça, et ça réveille l'agoraphobe qui sommeille en moi... Moi, je n'ai pas d'amis pour qui m'inquiéter. Mes relations se comptent sur les doigts d'une main... Moi, je vis dans ma bulle, en tête à tête avec moi-même.

    Evidemment je sais que le risque zéro n'existe pas. En 2001 j'ai failli me retrouver sur le trajet d'un taré qui avait décidé de dégommer tout le monde à Tours. Si je n'avais pas eu l'envie bizarre de sécher les cours (chose que je ne faisais jamais), je me serais trouvée pile sur son chemin, et Dieu sait ce qui aurait pu se passer. Malgré tout... Ma différence est là, et je ne parviens pas totalement à cerner ce que ces gens ont ressenti ce soir-là. Ni ce que les rescapés ressentent et ressentiront toute leur vie.

    Et du coup, je me questionne... Je me questionne sur cet égoïsme qui me parait tellement naturel chez moi, et sur tout ce qu'il entraîne comme conséquences. Je me sens moins atteinte que la majorité (probablement parce que beaucoup de personnes se disent "mince, j'aurais pu y être" alors que pour moi la problématique n'est pas là, je SAIS que je n'aurais jamais pu me trouver à un concert, à une terrasse de restaurant...surtout pas à une heure qui pour moi est une heure "tardive", surtout pas dans des lieux aussi fréquentés...)... L'absence d'identification, toujours... 

    Très cyniquement aussi, je me dis que ce qui est fait est fait. On ne pourra pas revenir en arrière. Ni ressusciter les morts. Désolée pour le côté morbide et défaitiste de l'affaire. J'ai toujours fonctionné ainsi, même pour le décès de proches...

    Malgré tout, je me questionne toujours. Car j'ai conscience du côté malsain de cette attitude. Et quelque part je me dis qu'il serait temps que je m'ouvre sur le monde, que je sorte de ma bulle, que j'essaie de m'identifier aux autres, que j'arrête de me comporter en extraterrestre perdue sur une planète inconnue. 

    Je me dis que si j'avais un peu plus d'ouverture sur le monde extérieur, si je vivais moins en cercle fermé, je me sentirais peut-être plus concernée... Je ne sais pas...

    Je me questionne...


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